Le Marais - Paris 12

Le Marais - Paris 12

La grande route de Charenton qui existait dès le VIe siècle a façonné cet arrondissement au cours du temps. Le village de Reuilly, l’Abbaye St Antoine, le hameau de Picpus, celui de St Mandé et Bercy sont nés autour de lui. C’est dès la fin du XVe siècle que l’ensemble prend de l’importance et sous Colbert que les industries s’y développent ; des Folies et des couvents apparaissent également à cette époque.
Plus tard Haussmann trace le Bd Diderot et l’avenue Daumesnil, et Alphand aménage le Bois de Vincennes ; cela façonnera cet arrondissement décrit en 1960 comme un « quartier résidentiel en certains endroits, populaire en d’autres, commerçant en bord de rue, industriel dans ses cours, englobant les immenses étendues de rails et de bâtiments d’une des plus grandes gares du monde (la gare de Lyon) »
Malgré les transformations actuelles qui bouleversent certains quartiers du 12e arrondissement, cette description reste vraie aujourd’hui.

AVENUE DAUMESNIL

Avenue créée en 1859 entre la rue de Lyon et la place Félix-Eboué (alors place de la Barrière de Bercy) et prolongée trois ans plus tard jusqu’à la Porte de Picpus, l’ensemble reçoit le nom de Boulevard de Vincennes. La création de l’avenue avait absorbé deux anciens chemins : la rue Beccaria et le chemin des Marais.
Cinq ans plus tard, le Boulevard de Vincennes prit le nom du Général Daumesnil, mort en 1836, et qui fut le défenseur du château de Vincennes lors des sièges de 1814 et 1815.
En 1930, son prolongement jusqu’à Saint-Mandé lui fut adjoint.
Au moment de la création de l’avenue, le viaduc du chemin de fer de Vincennes, qui la longe sur sa gauche, fut inauguré (le 22 septembre 1859) ; il reliait la place de la Bastille à La Varenne-Saint-Maur.
N°26 : Emplacement de la célèbre prison Mazas, désaffectée en 1898 et détruite en 1900
N°130 : La mairie de l’ancienne commune de Bercy se trouvait là depuis 1844 ; le 1er janvier 1860, lors de l’agrandissement de Paris, elle devint la mairie du XIIe arrondissement. Incendiée lors de la Commune en 1871, elle fut reconstruite de 1874 à 1879
N°174 : Fontaine des Lions
N°185 : Station de Reuilly du chemin de fer de Vincennes (cf ci-dessus)
N°186 : Eglise du Saint-Esprit, de style art déco, construite de 1928 à 1935 par Paul Tournon

RUE DE PICPUS

Cette voie très ancienne résulte de la fusion en 1868 de :
- La rue de Picpus, chemin traversant le village de Picquepusse du XIIe siècle, devenu Piquepus, Picpuce puis Picpusse et enfin Picpus au 16e siècle
- Le chemin de la Croix-Rouge, portion de la route de Saint-Denis à Saint-Maur
N°4 : Ancienne maison de santé du XVIIIe siècle où fut enfermé Saint-Just en 1786 pour vol (il avait 17 ans)
N°12 : Emplacement d’une maison de campagne de Ninon de Lenclos, devenue hospice en 1817. Démolie en 1905 lors du percement de la rue Dorian
N°22 : Emplacement sous la Restauration de l’hôpital militaire de Picpus, succursale du Val-de-Grâce
N°35 : Ancien Couvent des Chanoinesses du XVIIe siècle dont les jardins sont devenus en 1794 le cimetière de Picpus destiné à recevoir les corps des décapités de la Place du Trône (renversé) lors de La Terreur
N°43 - 45 : Congrégation et pensionnat de La Mère de Dieu sous le second Empire. Actuellement école primaire.
N°61 : Couvent des Religieux de Picpus fondé à la fin du XVIe siècle et fermé en 1790
N°60 - 62 : Couvent du Saint-Cœur de Marie de 1852
N°76 : Hôpital israélite fondé en 1852 par les Rothschild
N°88 : Inscription de 1727 interdisant de construire au-delà de cette limite

BOULEVARD DIDEROT

Ouvert en 1851/52 sous le nom de Boulevard de Mazas ; son ouverture avait été prescrite dès 1814. En 1879, il prit le nom de Diderot
N°20 : Gare de Lyon. Le premier embarcadère a été construit là en 1847 pour la ligne Paris-Tonnerre, et ne comportait que deux voies: une pour l’arrivée, l’autre pour le départ. Agrandie puis reconstruite en 1899 avec 12 voies; elle fut de nouveau considérablement étendue en 1927
N°23/25 : Emplacement de la prison Mazas de 1850 à 1898. C’était alors une prison modèle.
N°57 - 63 : Caserne des Sapeurs-pompiers construite en 1881

AVENUE LEDRU ROLLIN

Ouverte à partir de 1806 puis prolongée en 1859 jusqu’à l’avenue Daumesnil pour recevoir en 1864 le nom d’Avenue Lacuée (nom d’un colonel tué en 1805). En 1879, elle prit son nom actuel. Prolongée encore une fois en 1883/87, puis en 1895 et en 1912 et achevée enfin en 1931 !
N°4 - 10 : Usine de distribution des eaux
N°66 : Eglise Saint-Antoine des Quinze-Vingts de 1903
N°94 : Eden-Concert, transformé en cinéma en 1914

RUE DU FAUBOURG SAINT-ANTOINE

Très ancienne voie qui portait le nom de Chaussée Saint-Antoine après la Porte Saint-Antoine jusqu’à l’abbaye, puis chaussée de Chelles et chemin de Vincennes ensuite. Entièrement bâtie au XVIIe siècle, elle vit de nombreux actes révolutionnaires : la Fronde (juillet 1652), pillage de la maison Réveillon (27 avril 1789), Trois Glorieuses (juillet 1830), journées de juin 1848, barricades du 3 décembre 1851,……
N°1 : Maison où Fieschi prépara son attentat contre Louis-Philippe
N°4 : Mgr Affre fut blessé à mort à cet endroit, le 25 juin 1848
N°5/7 : Magasin de la Belle Fermière transféré dans la Cité sous le nom de la Belle Jardinière en 1824
N°18 : Maison de l’agneau Pascal du 18e siècle
N°33 : Maison du 17e siècle
N°45 à 59 : Succession de vieilles cours : Saint-Louis, Nom-de-Jésus, du Bel-Air, Viguès
N°61 : Fontaine Trogneux du début 18e siècle, reconstruite en 1807
N°65/73 : Vieilles maisons
N°74 : Ancienne cour des Miracles (Cour de Bourgogne)
N°98 : Emplacement d’un marché du meuble qui se tenait là en plein air chaque samedi durant tout le 19e siècle ; il se dénommait La Trôle. Il cessa en 1914
N°106/118 : Hospice des Enfants-trouvés jusqu’en 1904
N°151 : Immeuble du 18e siècle devant lequel le député Baudin fut tué le 3 décembre 1851
N°151 à 170 : Succession de vieilles maisons
N°184/186 : Emplacement de restes de l’Abbaye royale de Saint-Antoine-des-Champs, fondée en 1198, il devint hôpital de l’Est (1796) puis hôpital Saint-Antoine en 1802. Un certain nombre de bâtiments anciens subsistent
N°191 : Maison de la Vierge
N°202, 206, 220 : Vieilles maisons des 17e et 18e siècles
N°254 : Orphelinat Eugène Napoléon. Construit de 1854 à 1856 sur les plans du collier offert par la Ville pour ses fiançailles et que l’impératrice Eugénie avait refusé et dont elle avait cédé le budget pour la construction de cet orphelinat..