Estimation immobilière Le Marais - Paris 11

Le Marais - Paris 11

PLACE DE LA BASTILLE

La forteresse, datant de Charles V, ne se situait pas exactement au centre de la place mais au débouché de la rue St Antoine et du Bd Henri IV ; sa destruction commença dès le 17 juillet 1789 par le « patriote Palloy » et fut terminée dès octobre.
Jusqu’à fin 2019, son emplacement était dessiné sur la chaussée. L’aspect actuel de la place date des travaux Haussmanniens. 
La guillotine y fut installée trois jours, du 9 au 12 juin 1794 avant de partir place du Trône, et eut le temps d’exécuter 73 personnes. 
Le 2 décembre 1808, on posa la première pierre d’une fontaine qui devait avoir la forme d’un éléphant ; seul le soubassement fut construit, ainsi qu’une maquette en plâtre sur le côté sud de la place ; cette maquette, en cours de délabrement, ne fut rasée qu’en 1847;µEn 1833, on utilisa le soubassement de 1809 pour ériger la colonne de juillet, outil de propagande du nouveau régime issu des journées de juillet 1830. Dans sa base sont regroupés les restes des 504 victimes de ces journées, rejointes par les 196 victimes de février 1848.
En 1871, les Communards tentèrent de mettre à bas la colonne, mais sans succès.
 

BOULEVARD BEAUMARCHAIS

Après la démolition de l’enceinte de Charles V, achevée en 1670, l’emplacement récupéré fut transformé en « cours », puis en Bd St Antoine à la fin du siècle suivant. En 1831, il prit son nom actuel et était devenu une très agréable promenade. N° 2 à 20 : propriété que fit construire Beaumarchais en 1787 et où il mourut en 1799. En 1818, la propriété laissa la place au canal St Martin
 

PLACE DE LA REPUBLIQUE

Jusqu’en 1765, ce n’était qu’un carrefour recevant quatre voies : les Bd St Martin et du Temple, et les rues du Temple et du Faubourg du Temple. On l’appelait Porte du Temple du nom de la porte du même nom de l’enceinte de Charles V jadis située plus au sud. Ce carrefour reçut deux nouvelles voies en 1765 et 1770 : la rue des Fossés St Martin et la rue des Fossés du Temple.
Le 15 août 1811, une fontaine de 5 mètres de haut et de 13 mètres de diamètre due à Girard, fut inaugurée , et le carrefour prit le nom de place du Château d’Eau. Un marché aux fleurs y prit place à partir du 14 avril 1836, la place étant devenue le lieu de rencontre des jeunes conscrits et des bonnes d’enfants pendant la Restauration.
La place prit son aspect actuel après l’ouverture de 1856 à 1865 du Bd Voltaire, de l’avenue des Amandiers (de la République), et du Bd de Magenta ; la fontaine jugée trop petite sur cette grande place fut déplacée en 1867 au marché de la Villette et remplacée sept ans plus tard par une autre fontaine, de Davioud, qui fut aussi déplacée place Félix Eboué huit ans après. On édifia enfin en 1883 l’actuelle statue de La République qui fut inaugurée le 14 juillet 1884, pour souligner que les députés conservateurs républicains étaient devenus depuis peu (1877) majoritaires à l’assemblée en remplacement des monarchistes. La place prit son nom actuel en 1879.
N°8 bis : Les Magasins Réunis, fondés en 1866, furent remplacés par l’Hôtel Moderne, entièrement restauré en 1910
N°12 : Emplacement du Diorama fondé en 1822 par Daguerre, à la place duquel fut construite la Caserne du Prince Eugène en 1854, devenue Caserne du Château d’Eau puis Caserne Vérines
 

BOULEVARD DU TEMPLE

Le Bd du Temple initial a été tracé à partir de 1656 et planté de plusieurs rangées de beaux arbres ; il était le lieu de promenade à la mode. Au XVIIIe siècle, il se couvrit de baraques en bois et de théâtres qui le firent surnommer « Boulevard du Crime ». Le décret de 1807, qui supprimait les petits théâtres, puis la création de la Place du Château d’Eau (1862) qui supprima les grands théâtres mit fin à tous les spectacles.
N°27 : Anciens jardins du café du Cadran Bleu. La journée du 10 août 1792 y fut organisée.
N°29 : Ancien Café Turc, ouvert en 1780, qui devint un simple restaurant pour noces et banquets sous le règne de Louis-Philippe;
N°33 : Nungesser habitait là en 192
N°41 : Seule salle survivante du Bd du Temple : le Théâtre Déjazet, construit en 1852 sous le nom de Folies-Meyer, puis de Folies-Nouvelles en 1854. L’actrice Mlle Déjazet l’acheta pour son fils en 1859. Elle y joua elle-même et Victorien Sardou y débuta comme auteur.
N°50 : Endroit devant lequel eut lieu l’attentat de Fieschi contre Louis-Philippe le 28 juillet 1835. L’auteur était caché dans la mansarde de cette maison parisienne et tira avec sa machine infernale sur le cortège qui revenait d’une revue de la Garde Nationale Place du Château d’eau. Le roi ne fut que blessé, mais il y eut 19 tués (dont le Maréchal Mortier) et 23 blessés
Les théâtres et salles de spectacles furent donc nombreux du XVIIIe siècle jusqu’à 1862.
On peut citer :
- Le Cabinet des Figures de Cire au N°36, qui exista de 1787 à 1847
- Le théâtre Lazzari était à cet emplacement
- Le Théâtre de Mme Saqui, devenu les Délassements-Comiques en 1841
- Le Théâtre des Funambules ouvrit en 1816 au niveau du N°54, à côté du Théâtre de Nicolet, qui devint La Gaité en 1790 et qui fut transféré sur la Place du Château d’Eau en 1862. Il fut ensuite remplacé par la Gaité-Lyrique reconstruit un peu plus loin par Hittorf.
- Le théâtre d’Audinot de 1769 fut remplacé par une très belle salle en 1789 : l’Ambigu Comique qui, après son incendie en 1827 fut transféré Bd St Martin
- Le Cirque Olympique prit la place en 1827 du Café Chinois, et changea souvent de nom. Détruit en 1862, il fut remplacé par le Théâtre du Chatelet
- Le théâtre des Pygmées, fondé en 1811
- Le Théâtre historique fut fondé en 1846 par Alexandre Dumas ; il devint le Théâtre Lyrique. Démoli également en 1862, il fut remplacé par le théâtre Sarah-Bernhardt