L’hôtel de la Païva

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L’hôtel de la Païva

C’est en 1855 que débute les travaux de cet hôtel, avenue des Champs-Elysées, sous la gouverne de l’architecte Pierre Manguin. La Païva, épouse du comte prussien Henckel von Donnersmarck aurait été bousculée par un client et se serait blessée à cet endroit, et elle aurait alors fait la promesse d’y construire la plus belle maison de Paris. 

Sa construction fait jaser des journaux de l’époque, tout d’abord par sa durée (10 ans) et par son coût de 10 millions de francs or. Aurélien Scholl, journaliste, aurait ainsi annoncé à propos de l’avancement des travaux « Ça va, le principal est fait. On a posé le trottoir ! ». 

Le bâtiment est marqué par une architecture et une décoration inspirée de la renaissance italienne, il est notable par le nombre de sculptures, ses peintures et son marbre particulier. On y trouve ainsi ds reproductions à taille réelles de Dante, Pétrarque et Virgile, faites de « marbre onyx d’Algérie » qui avait été particulièrement remarquée durant l’Exposition universelle de 1867. Aussi des peintures au plafond comme « Le Jour pourchassant la Nuit » donnent du cachet au lieu, la comtesse aurait d’ailleurs servi de modèle pour de nombreuses œuvres qui composent le bâtiment. De plus, deux éléments font la gloire de cet hôtel, un escalier en onyx jaune et une salle de bain au style espagnol. La salle de bain est notable par sa baignoire en onyx blanc et sa cuve en bronze argenté dans lequel la marquise se serait baignée au champagne, au lait ou encore au tilleul. Le grand salon offre une vue sur les Champs-Élysées, la chambre à coucher a un plafond oriental. Au fond, un jardin d’hiver offrait la capacité de loger neuf chevaux. 

En 1866, la comtesse y accueillait les Goncourt, Gambetta et d’autres célébrités. Satisfaite de son hôtel particulier, elle fait construire une demeure jumelle mais bien plus grande en Silésie en 1868, le château de Neudeck. Elle s’y réfugiera en 1877, contrainte de fuir la France pour des accusations d’espionnage. Elle y mourra en 1884. 

Veuf, le comte de Henckel von Donnersmarck cède le bien parisien à un banquier, puis l’ancien cuisiner du star, Pierre Cubat y fondera un grand restaurant, le Tout-Paris. Cependant, ce dernier ferme en 1898 et le Travellers Club s’y installe en 1903. Aujourd’hui, cet hôtel est toujours la propriété de son dernier acquéreur, et peut être visité.
 
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